Vocation et appel des diaconesses

Dites ma sœur, c’est quoi une vocation ?
Si ce sont des catéchumènes qui sont à l’origine de la question et parce qu’ils sont branchés sur leur portable et qu’ils ont peut-être tendance à croire que nous avons toutes « un portable céleste » pour communiquer, »la réponse sera nuancée.
Il faudrait déjà commencer à expliquer la différence entre un appel à un ministère et une vocation qui est adressée à tous les chrétiens. 
Le mieux, et je vous invite à le faire, si cette question ou d’autres sont en vous, alors là, prenez votre portable et lancez-nous un petit coup de fil.  En ce qui concerne un appel à être diaconesse il y aura toujours une sœur pour essayer de vous répondre en quoi consiste sa vie!
Et puis, les questions concernant l’appel ou la vocation peuvent aussi se partager autour d’un petit café ! C’est ainsi qu’on découvre un appel différencié pour chacune un contexte de vie différent, signe que Dieu n’est pas limité. 
Rappelons-nous qu’il est entré dans l’histoire de notre humanité, donc il utilisera des moyens adaptés à chacune pour nous faire comprendre la grâce de cet appel. 
Peut-être que le point commun à chacune, c’est que cet appel a été perçu par un cœur en recherche et désirant se consacrer à Dieu.
Dieu entend « les offrandes du cœur », et à sa manière il exauce.
Cet appel nous a mis en chemin avec tout ce que nous sommes dans la pensée que c’était pour la vie, et nous sommes en chemin dans une vie faite elle aussi de « haut et de bas », d’enthousiasme et parfois de lassitude comme tout en chacun, mais réalisant parfois que par une vie tout ordinaire, Dieu peut faire des choses extraordinaires. Mais nous aimons aussi avec un humour certain dire qu’en entrant en communauté nous ne laissons pas notre caractère à la porte !
Nous rappelons qu’être signe de l’amour du Christ et faire connaître le Seigneur par le témoignage et la prière, c’est la vocation de tous les chrétiens.

Une diaconesse sera conduite d’une manière plus spécifique à se mettre au service du prochain, puisque l’appel au célibat la rend plus disponible pour vivre une diaconie adaptée aux besoins des êtres et selon ses dons. Elle se donne les moyens de vivre son témoignage par un accueil ouvert et fraternel avec tous. Elle sait qu’une vocation est la plus grande preuve de l’amour de Dieu. La vocation, dans sa profondeur et ses aspirations s’inscrit dans celle de Marie : porter le Christ.
Dans cet élan de simplicité et de désir du cœur, elle peut à sa suite s’offrir à l’appel du Seigneur : « Je suis la servante du Seigneur ».

Une diaconesse fait l’expérience aussi parfois avec humour que dans son amour Dieu aime parfois nous surprendre. 
Oui, la vie réserve des surprises, et en entrant en communauté, on ne reçoit pas un itinéraire de vie tout balisé, mais qui sera à découvrir au gré non pas des fantaisies, même si nous n’en manquons pas, mais de l’évolution de la vie profonde qu’elle découvrira en elle.

C’est la vie entière dans sa profondeur et sa durée qui est réponse à un appel. Le Seigneur nous saisit. Il marche avec nous.
Les profondeurs d’une vocation, c’est de découvrir qu’on a trouvé grâce.
Cette présence de Dieu demande le don de soi-même dans un abandon. Il est signifié par la présence du prochain dont on ne se sépare pas, au contraire. Une vocation, c’est partir sur les chemins des rencontres.

Consentir à une vocation, c’est reconnaître qu’elle a été préparée et voulue de Dieu.
Lorsqu’elle est accueillie et mise en œuvre, elle honore Dieu et apporte sa bénédiction.
Se réjouir de la vocation reçue, la découvrir, l’approfondir, c’est accepter le règne de Dieu sur sa vie, et confesser qu’Il règne sur le monde et son histoire.

Les engagements évangéliques

La vocation au célibat, c’est choisir par amour pour le Seigneur et pour le prochain de renoncer à l’union si naturelle du mariage pour réaliser une appartenance plus exclusive au Seigneur et permettre de se consacrer à son service d’une manière plus absolue. C’est le Christ qui choisit pour qu’on lui appartienne de cette manière toute particulière.
Mais, créé à l’image de Dieu on ne peut pas vivre sans aimer. C’est en offrant sa vie au Seigneur et pour le prochain qu’on trouvera son épanouissement.

La simplicité évangélique est la clef pour développer la confiance en Dieu et la générosité envers le prochain.
Elle n’est pas d’abord le don du superflu, mais l’abandon de tout ce que nous sommes.
Elle dépasse de loin la question des biens matériels, car elle est un style de vie choisi, désiré, qui va saisir joyeusement non ce que nous avons, mais ce que nous sommes, dans une offrande joyeuse et vivante.
La simplicité est constitutive de notre vocation, et nous devons toujours y tendre, car une vie encombrée a de la peine à demeurer offrande faite de communion libre, profonde et harmonieuse.
C’est un long chemin de dépouillement, de renoncement au besoin de posséder, pour lui préférer un chemin de partage, de confiance, dans la liberté.
Rechercher avec toutes les soeoeurs une vie simple, c’est choisir la bonne part, découvrant que Dieu, ce Père généreux aime et nous invite au partage.

Ne rien préférer que la réalisation de la volonté de Dieu dans notre vie, et pas à pas, il incline notre coeur à un lent, joyeux et profond désir de soumission. Il y a une grâce comme la « perle » de grand prix à découvrir dans la soumission à Dieu et aux autres. Le chemin reste un chemin d’humilité qui nous appelle à un dépouillement des vues trop personnelles pour leur préférer la pensée de Dieu, manifestée par celle de la Communauté. Le Seigneur parle dans l’unité de son Corps. C’est dans le coeur de chacune que peut se glisser la pensée de l’Esprit qui doit être offert à la Communauté comme un acte d’obéissance, sans orgueil, et sans fausse humilité.


Stage et noviciat

Le stage en communauté

Il est ouvert à toute jeune femme qui s’intéresse à la vie des diaconesses, sans pour autant être certaine d’un appel.
Avant d’entrer au noviciat, chaque jeune femme a la possibilité de vivre ce temps dans la communauté pour y découvrir la vie des diaconesses. Il est d’une durée variable afin de permettre à la jeune femme de découvrir s’il s’agit d’un appel à devenir diaconesse, dans la perspective d’un engagement pour la vie ou alors, si elle est conduite à poursuivre son chemin ailleurs avec la bénédiction de la Communauté.

Le noviciat

C'est une période de formation à la vie communautaire et au ministère. Il est d’une durée variable, car la marche se fait au rythme de la novice.
La fraîcheur et l’enthousiasme de la jeunesse et de la vocation d’une novice sont grâce et source de joie pour toute la Communauté.
Avec le noviciat, une novice entre « en écoute » avec Celui qui l’a appelée à partager sa vie et sa volonté. Rude et belle école.
Chaque réponse à cet amour sera l’offrande du coeur de disciple envers son Seigneur.
« Je suis la servante du Seigneur ».


Le ministère diaconal

Toute vocation chrétienne est liée à un service (Fr. P-Y Emery)
La vocation est toujours le fruit de l’amour miséricordieux du Seigneur pour nous. Amour que nous sommes appelées à partager avec le prochain.
Qu’un amour humble et miséricordieux habite notre cœur pour qu’il reste ouvert et accueillant aux souffrances du prochain.
Ce ne sont pas les exploits qui font la valeur d’un ministère dans la Communauté, mais c’est l’amour et la compassion.
A la suite du Parfait Serviteur nous sommes appelées à emprunter ce chemin de compassion, de confiance, pour partager sa miséricorde, celle qu’il a déposée dans le cœur comme « le Bien » à partager.
Cet amour créatif, tourné vers le prochain, prendra des colorations variées adaptées pour se faire geste ou parole d’amour. 
C’est ce même amour qui nous permet d’accueillir toute la richesse du cœur que seuls les plus démunis savent offrir par leur confiance.
La formation, cet outil indispensable pour l’exercice du ministère est lui aussi offert comme toute la personne pour le service de la miséricorde du Seigneur. 
C’est la Communauté qui reconnaît le ministère et qui envoie. 
Ignorant les distances géographiques, par la prière et l’amitié, la Communauté demeure en communion avec les sœurs qui vivent à l’extérieur.
C’est là aussi que la diaconesse vient régulièrement pour se ressourcer, lorsque les fatigues risquent de parler plus fort que la compassion.

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